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Amiens
23 octobre 2007
Picardie Mouv' : Goran Bregović et fièvre balkanique !…
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Goran Bregović a fait une escale
mémorable à Amiens.
Goran Bregović est un musicien avant -gardiste yougoslave de 57 ans reconnu dans le monde
entier et célèbre pour avoir composé les musiques de films de son compatriote Emir Kusturica
(Le temps des Gitans en 1989,
Arizona Dream en 1993 et
Underground en 1995).
Un invité de marque au cirque Jules Verne d'Amiens pour
l’inauguration de la deuxième édition de Picardie Mouv,
festival des musiques actuelles qui se prolonge jusqu’au 28 octobre avec un
concert de Vanessa Paradis qui affiche déjà complet à Beauvais.
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Un set de qui a duré plus de 3 heures !…
Mélange des styles et des cultures…
Goran Bregović est un musicien européen d’avant-garde avec un goût
pour ce qui est précieusement pompeux et kitch, comme en témoigne le nom de son
«Orchestre pour Mariages et Enterrements». Les costumes très hétéroclites
d’Europe de l’est sont là pour parfaire le décor ainsi qu’une une fresque de
deux anges moustachus suspendue au dessus de la scène. Rien n’empêche pour
autant la musique de Goran d’être
profondément ancrée dans le 21è siècle :
fanfare tzigane, opéra, polyphonies traditionnelles Bulgares, guitare rock,
boite à rythmes et musique électronique. De quoi ravir toutes les générations de
festivaliers qui étaient réunies sous la coupole du cirque. Et à un auditeur présent dans la salle de nous confier : «
Il y a vraiment longtemps que je n’avais pas autant dansé pendant un concert !
Le plus beau moment de création musicale sur scène à voir de nos jours !…»
Trois voix féminines de la Chorale Bulgare Philip Koutev, treize
maîtres de l'Orchestre à Cordes de Pologne, quinze chanteurs du Chœur de
Belgrade et un septuor de cuivres (L'Orchestre pour Mariages et Enterrements),
cela fait en tout une quarantaine de
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En intermède, le show de « Trio d'Vie ».
personnes sur scène. Pendant trois heures
de spectacle, Goran Bregović emmène son auditoire à un rythme endiablé au
travers le folklore des Balkans, les sonates mélancoliques et quelques morceaux
de Rock and Roll fortementent revisités par la fièvre tzigane. Deux thèmes
essentiels reviennent sans cesse dans la musique de Goran : l'amour et la mort.
Un « Méga carton » !…
Les quatre musiciens Éric Bourdet au sousaphone (notre photo), Cédric coupez aux saxophones, Simon Postel
et Xavier Rasse aux batteriephones, composent l'incroyable
« Trio d'Vie » qui a accueilli le public en
fanfare dès l'entrée du cirque. Ils ont ensuite accompagné la vingtaine de jeunes du Méga Tuba Orchestra
dirigé par François Thuillier.
Benjamin Calippe
Démonstration scientifique avec Saint-Quentin Astronomie
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Le pendule de Foucault a éveillé la curiosité des jeunes et des moins jeunes.
Octobre 2007, Fête de la Science, l’association Saint-Quentin Astronomie a investi l’intérieur de la Basilique de Saint-Quentin pour y produire une démonstration scientifique très appréciée du public : Le
« Lâché de pendule » . Un procédé datant du Second Empire, mis au point par l’astronome et physicien français Léon Foucault.
La Terre tourne ! Ce qui est une évidence de nos jours ne l'était pas forcément
au XIXè siècle. Au cours de sa démonstration, l'association Saint-Quentin Astronomie a emmené les spectateurs à travers un voyage dans le temps en reproduisant une expérience vieille de 140 ans imaginée par le savant
Léon Foucault. En 1851 ce dernier fit installer au Panthéon à Paris un gigantesque pendule dont le balancement mettait en évidence la rotation de la Terre.
« Pour nous tout cela a nécessité un an de travail et de recherches »,
précisent Catherine et Brigitte, deux membres de l'association, dans leurs
costumes du
XIXè siècle.
L’installation paraît simple à première vue : un câble de 2 mm de diamètre accroché à la voûte de la basilique au bout duquel tient une boule en acier d’environ 30 kilos…
« Mais encore faut-il avoir la formule magique !… », explique Michel Faure, qui joue avec plaisir le rôle du savant un peu fou.
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L’association Saint-Quentin Astronomie avec les costumes d'époque.
« Passion et émerveillement », tels sont les mots qui rassemblent les membres de Saint-Quentin Astronomie. Chaque semaine une trentaine d'enfants et d’adultes se retrouvent pour échanger
leurs savoirs sur les mystères de cette science qu'est l'astronomie.
L'association s'adresse régulièrement au grand public, au cours d’évènements annuels tels
que la semaine de la Fête de la Science, la Nuit des étoiles... ou pour des phénomènes naturels comme l’éclipse partielle du soleil,
qui a été observée en octobre 2005 sur le parvis de la mairie de Saint-Quentin.
Des rendez-vous qui nous invitent à plonger dans l'univers fascinant des découvertes scientifiques.
Benjamin Calippe
Amiens
9 octobre 2007
Le Festiv'Art : retour sur image...
La deuxième édition du Festiv'Art qui s’est déroulée le week-end du 28 au 30 septembre a remporté un franc succès. Concerts, expositions, spectacles, performances, projection de courts et moyens-métrages, ateliers de découvertes et de sensibilisation, forum des associations et débats, une recette éclectique qui a transformé pendant trois jours en haut lieu culturel et festif les locaux de l'IRFFE (Institut Régional de Formations aux Fonctions Éducatives), rue des 2 ponts à Amiens.
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Artistes et associatifs réunis pour un grand week-end culturel et festif.
Parmi les associations présentes, il y avait le collectif amiénois des sans-papiers, l’association Vie Brisée,
Femmes en mouvement, l’Union Des Africains, le collectif
Je suis là, le collectif Donjon, l’association Zavata…
côté musique, il fallait noter la présence de Babet (la fiancée de Dionysos), Toma Sidibé, Khadim M’Baye, French Kiss,
Kébélu, Dialokolectiv’ et bien d’autres… pour la modeste participation de 5 euros par jour.
En effet, le Festiv'Art est une manifestation culturelle à caractère social et humanitaire qui reste avant tout
un moment festif, convivial et à partager entre tous. Il est co-organisé par deux associations amiénoises :
"Les Radicaux Libres" et "L’atelier les plumes".
Les deux co-organisateurs sont Catherine Pernot, illustratrice, peintre et photographe qui a monté le collectif
virtuel atelierdesplumes.net et Arnaud Broucke, qui nous explique : « L’association
"Radicaux Libres" est
une association de rapprochements culturels, sociaux et humains. »
Agrandir la photo Khadim M’Baye, mangeur de feu du Sénégal, connu à Amiens pour ses cours de danse africaine.
« Nous avons plusieurs buts en plus de l’organisation
du Festiv'Art : nous aidons à mener à bien des projets individuels ou collectifs dans de nombreux domaines :
culturel, social, humanitaire, écologique, scientifique et technique, création d’activité économique… nous cherchons
à permettre également à tout le monde l’accès à la culture et à promouvoir des artistes reconnus ou amateurs.
»
«
Le Festiv'Art est notre propre événement et la programmation permet la rencontre des artistes avec le public », conclut
le co-organisateur Arnaud Broucke, 27 ans, qui s’était illustré au Défi Jeunes en 2004 avec son projet
"Tour d’Europe
en pouce". Avec Guillaume Lagache, ils avaient alors effectué le tour d’Europe en stop.
L'Afrique de Milano, dinandier d'Art
Agrandir la photo Le Président du conseil régional de Picardie
a eu droit à son portrait par Milano.
Après avoir été menacé d’expulsion l’été dernier, Milano, artiste amiénois d’origine angolaise,
avait été placé dans le centre de rétention de Lille Lesquin. Du
ballottage administratif et un enfermement et pour rien dénoncé par
le collectif amiénois des sans papiers.
La souffrance psychologique passée, Milano reste malgré tout accroché à cet art qu’il exerce pleinement
depuis maintenant plusieurs années à Amiens. Pour défendre l’artiste lors de sa mise en rétention, Claude Gewerc,
Président du Conseil régional de Picardie, fut l’un des premiers à avoir rédigé sa lettre de soutien
en témoignant :
« Milano participe activement à la vie culturelle locale et la région a besoin des compétences de cet artiste
qui reflète un savoir-faire typiquement régional, la dinanderie d’art, qui nous est trop rare pour qu’on l’ignore »,
avait-il écrit.
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Précision extrême pour ce squelette d'1 mètre.
« Il faudrait que Milano soit reconnu en tant qu’artiste et que ses capacités lui donnent le droit d’enseigner et de transmettre son art auprès des jeunes
de la région. Déboucher à un emploi serait
pour lui une façon de régulariser sa situation et de pouvoir bénéficier d'une protection de ses œuvres
en terme de droits d’auteurs », estime Sylvain Bonneau, parrain de Milano. Titulaire d’un diplôme des beaux arts au Congo, Milano se retrouve dans son activité artistique consistant à
sculpter des bas-reliefs dans le cuivre. Art remontant au moyen-âge, la dinanderie d’art provient de l’origine
de Dinant, village Belge. « Beaucoup s’étonnent de la finesse du détail en voyant les œuvres de Milano », se réjouit
Michel Kitoko, Président de l’Union Des Africains.
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Le maire Gilles de Robien, avec option peinture métallisée en cuivre.
Par quelques portraits d’hommes politiques locaux, Milano montre son respect pour les institutions françaises.
L’artiste entreprend dans ses prochains tableaux de représenter aussi divers aspects de la culture africaine.
Il réalisera bientôt un portrait d’Aimé Césaire et des symboles de l’histoire de son pays d’origine comme le
Gorille de montagne, ainsi que des réalisations dans le cadre de la journée de l’Abolition de l’esclavage.
« Nous souhaiterions
également dynamiser la culture africaine auprès des jeunes issus de l’immigration qui habitent ici à Amiens »,
conclut Michel Kitoko.
Les affaires culturelles d'Amiens métropole devraient bientôt se pencher sur le cas intéressant
de Milano.
L’artiste nous présentait en exclusivité lors de ce dernier Festiv'Art un portrait sculpté en bas relief du maire d'Amiens
Gilles de Robien !
Benjamin Calippe
Amiens
19 octobre 2007
Léandre Leber : "Lui" à la première personne...
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Léandre Leber, en train de cultiver le regard.
Léandre Leber est un amiénois de 40 ans qui possède un profil pour le moins créatif. Père de deux enfants, il a choisi depuis 2006 le métier de photographe indépendant
et gère actuellement sa propre entreprise. "Gévuça" est le nom de
de son agence photo spécialisée dans le reportage, la culture et le sport. Artiste et poète, Léandre Leber nous présentait son œuvre intitulée
"Lui", sur le perron de l’hôtel de ville à l’occasion de la 2è
Nuit blanche à Amiens.
Rencontre : ...
Ben : - Peux-tu nous présenter ton parcours artistique et professionnel ?
Léandre Leber : - J’ai multiplié les expériences professionnelles à Londres, à Rouen, pour finir à Amiens, ma ville d’adoption depuis 1995. C’est ici que j’ai travaillé durant 5 ans comme commercial, puis en usine. Comme j’avais déjà depuis longtemps en moi la volonté de voir différemment, j’ai décidé de reprendre des études d’Arts-plastiques en 2000. En 2002 j’ai découvert la passion du métier de photographe avec Guy Le Querrec. Je vis actuellement avec deux casquettes, celle de chef d’entreprise et celle d’artiste.
Ben : - Comment as-tu conçu "Lui", l'œuvre que tu exposes à la Nuit blanche ?
L.L. : - L’idée était de reproduire avec une peinture rose biodégradable sur 160 m2 de pelouse des dessins du personnage
"Lui" qui ont été piochés au hasard dans mes petits carnets de croquis. Une fois la fresque posée
au sol, le spectateur est invité à marcher au milieu des dessins en les lisant de manière plus ou moins rapprochée. Cette idée de greffer un décors de campagne en ville le temps d’une
Nuit blanche n’est pas nuisible à l'environnement, puisqu'un ami à moi va replanter ce gazon dans son jardin. La peinture
est la même que celle utilisée sur les terrains de rugby...
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"Lui", installé au cœur de la nuit blanche.
Ben : - Quelles sont les passions qui alimentent ton travail ?
L.L. : - Très jeune, je me suis passionné pour les sports à sensation comme le saut à l'élastique ou le parachute. Cela s’apparente à la prise de risques chez les artistes : créer, c'est risquer de mieux se connaître. La psychanalyse représente un vif intérêt pour moi. L’introspection est au cœur de mes dessins dans ce travail. Le jazz, également une prise de risque, suite d’"heureux accidents" par l’improvisation des notes, est une musique qui me parle en tant qu’artiste, elle a inspiré mes premières photos professionnelles de musiciens sur la scène du Festival de
jazz d’Amiens. Ces photos étaient exposées à la Maison de la culture lors du dernier
Festival
de jazz en mars.
Ben : - Quel regard pourrais-tu porter sur ton travail artistique et professionnel ?
L.L. : - La réelle passion que j'ai dans mon travail est la transmission. J’ai besoin de montrer pour m’incarner, transmettre est devenu un but essentiel à ma vie… qu’il s’agisse de dessins, d’écriture de textes ou de photographies, tous les moyens sont bons pour faire passer un message, transmettre quelque chose de fort. Les
"accidents heureux" et leurs atouts dans la création constituent mes principales motivations artistiques et professionnelles.
propos recueillis par Benjamin Calippe
Amiens
23 juillet 2007
L'association
Les Frères propose du soutien scolaire
à domicile gratuit
pour les jeunes des quartiers
dits précaires.
Cette année, 80 % des
intéressés ont décroché leur bac. |
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80 % de réussite au bac
pour les Frères
Pour lutter contre l’exclusion, l’Association Les
Frères propose du soutien scolaire à domicile, gratuit pour les jeunes des
quartiers dits précaires. Cette année 80 % d’entre eux ont décroché le
baccalauréat. Une belle réussite.
Après des mois d’efforts, des jeunes ayant bénéficié de
soutien scolaire gratuit ont été récompensés. 80 % ont réussi leurs examens du
brevet et du bac. Leurs animateurs de l’association Les Frères mènent cette
action pédagogique de proximité et de soutien scolaire depuis 2001.
Étudiants en sciences à l’université de Picardie Jules-Verne, enseignants
des lycées et collèges ou enseignants chercheurs, ils vivent aujourd’hui leur
rêve bien qu’originaires, comme ces jeunes qu’ils aident aujourd’hui, des
quartiers dits socialement précaires.
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L’association Les Frères se félicite d’avoir accompagné 80 % de ses élèves
jusqu’à la réussite au baccalauréat.
L’un d’eux, Landry Mandoukou, titulaire d’un doctorat en biologie et
chercheur à l’université de Picardie Jules-Verne, est responsable de l’action
pédagogique. « La réussite scolaire n’a pas de prix, elle est déterminante,
surtout entre la 6e et la terminale. Les matières scientifiques sont les bêtes
noires des élèves. Dans les quartiers, les parents des élèves ne disposent pas
souvent du temps et des compétences dans les matières scientifiques. Ils ne
peuvent donc pas réaliser un suivi scolaire de leurs enfants. De plus, les
familles sont nombreuses et les parents manquent de moyens financiers pour
recourir à des cours particuliers onéreux. Les jeunes sont donc en échec
scolaire, décrochent et se livrent à la délinquance », commente le docteur.
Il poursuit : « Il est indispensable que les étudiants en BTS, IUT ou
LMD puissent également bénéficier d’un soutien spécifique dans leurs matières,
car la réussite doit s’inscrire dans la durée. L’accompagnement personnalisé est
adapté à chaque jeune, quels que soient sa spécialité et son degré d’études.
L’objectif étant de l’amener à une formation qualifiante. »
Meilleure moyenne en maths
L’Association Les Frères offre un soutien scolaire gratuit en maths,
physique-chimie et sciences du vivant et de la terre, de la 6e à la terminale,
toutes séries confondues, la semaine, le week-end et en périodes de vacances
dans les quartiers Amiens-Nord, Étouvie, Victorine-Authier. L’action pédagogique de proximité donne lieu à des cours de soutien
scolaire à domicile ainsi qu’à des permanences au cloître Dewailly, dans le
local de l’association Vie Brisée, à Jean-Marc-Laurent et rue
Sire-Firmin-Leroux.
Le jeune Jordy Ngangwele, âgé de douze ans, témoigne : « J’habite dans
le quartier Amiens sud-est et je prends des cours de soutien à l’association
pour remonter ma moyenne de maths. Toute l’année j’ai pu retravailler des
exercices que je ne comprenais pas à l’école, puis réviser pour les contrôles.
Grâce aux animateurs, je vais pouvoir passer en 4e à la rentrée. »
L’accompagnement scolaire, pour être efficace, nécessite une activité
quotidienne d’encadrement.
L’association cette année a réalisé de gros efforts, notamment pour le
bac.
Afin de continuer d’amener tous ces jeunes sur la voie de la réussite,
L’Association Les Frères fait appel au soutien de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et
l’égalité des chances, et aux collectivités locales et territoriales, car cette
action, si précieuse soit-elle, pourrait bien disparaître malgré l’aide du fonds
social européen.
Benjamin Calippe
Amiens
24 février 2007
L’ensorcelante peinture de Daniel Grardel
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L’artiste Daniel Grardel, un vétéran de la vie nocturne à Amiens.
Artiste-peintre depuis une trentaine d’années, l’amiénois Daniel Grardel donne à voir en ce moment quelques-unes de ses dernières toiles accrochées dans le restaurant La Soupe à Cailloux, situé place du Don
dans le quartier St-Leu à Amiens.
Si l'exposition s’intitule "Maman n’aime pas ma peinture", ce n’est sûrement pas
pour rien. La maman de l’artiste doit trouver que l’œuvre de son fils bien-aimé incite quelque peu à la débauche…
« mon épouse en revanche adore ma peinture et trouve même que j’ai un très bon coup de pinceau, donc tout va très bien !…», se défend ironiquement Daniel Grardel.
L’image d’une pin-up omniprésente au premier-plan définit clairement les
contours d’une peinture aux rêves épicés : « Peindre la vie nocturne de façon tout à fait réaliste et basique m’ennuierait profondément. Mes scènes de bar ont besoin d’être pimentées de formes féminines… un ingrédient qui rend la sauce
bien plus piquante »,
nous explique l’artiste
avec un humour non-dissimulé en ajoutant : « j’utilise l’ambiance de la nuit, dédiée à la folie et aux rêves, pour laisser libre court à mon imaginaire et à mes fantasmes… la nuit
ça sert à se dépayser ! ».
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"Belle de Nuit à Saint-Leu".
Les scènes peintes par l’artiste ne montrent pas que « des fantasmes »,
mais aussi des personnages de la vie réelle qui l'ont inspiré. Par exemple, on distingue un certain Raymond Defossé, président du festival
du film grolandais, qui est accoudé au bar. Grand ami du Groland, Daniel Grardel a eu récemment l’occasion d’exposer ses toiles au restaurant Au bout du Monde à Quend
(80), où il a pu recevoir la visite et les congratulations du célèbre Président grolandais Salengro.
Dans le tableau "Obsession", un personnage
bien connu de la vie nocturne amiénoise, Pierre Laroche, est également représenté
avec, en arrière plan, un décor mural rendant hommage à un chanteur auteur d’un tube dans les années 60 : Jackie Delmone.
Les toiles "La Belle et les Bêtes" et "Belle de Nuit à Saint-Leu" affichent le côté facile et racoleur de la séduction et la bestialité des hommes ensorcelés ou inlassablement envenimés…
tout ça sous les feux des néons crépitants et leurs reflets projetés dans l’eau et sur les pavés.
Les peintures de Daniel Grardel invitent à consommer sans modération l’instant magique des nuits amiénoises à Saint-Leu.
Benjamin Calippe
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