Amiens                                       article paru le : 9 octobre 2007



Le Festiv'art : retour sur image...


La deuxième édition du Festiv'Art qui s’est déroulée le week-end du 28 au 30 septembre a remporté un franc succès. Concerts, expositions, spectacles, performances, projection de courts et moyens-métrages, ateliers de découvertes et de sensibilisation, forum des associations et débats, une recette éclectique qui a transformé pendant trois jours en haut lieu culturel et festif les locaux de l'IRFFE (Institut Régional de Formations aux Fonctions Éducatives), rue des 2 ponts à Amiens.



Agrandir la photo Artistes et associatifs réunis pour un grand week-end culturel et festif.
Parmi les associations présentes, il y avait le collectif amiénois des sans-papiers, l’association Vie Brisée, Femmes en mouvement, l’Union des Africains, le collectif Je suis là, le collectif Donjon, l’association Zavata… côté musique, il fallait noter la présence de Babet (la fiancée de Dionysos), Toma Sidibé, Khadim M’Baye, French Kiss, Kébélu, Dialokolectiv’ et bien d’autres… pour une modeste participation de 5 euros par jour.

En effet, le Festiv'Art est une manifestation culturelle à caractère social et humanitaire qui reste avant tout un moment festif, convivial à partager entre tous. Il est co-organisé par deux associations amiénoises : «Les Radicaux Libres» et «L’atelier les plumes». Les deux co-organisateurs sont Catherine Pernot, illustratrice, peintre et photographe qui a monté le collectif virtuel www.atelierdesplumes.net et Arnaud Broucke, qui nous explique : « L’association des Radicaux Libres est une association de rapprochements culturels, sociaux et humains. »

Agrandir la photo Khadim M’Baye, mangeur de feu du Sénégal, connu à Amiens pour ses cours de danse africaine.
« Nous avons plusieurs buts en plus de l’organisation du Festiv’art : nous aidons à mener à bien des projets individuels ou collectifs dans de nombreux domaines : culturel, social, humanitaire, écologique, scientifique et technique, création d’activité économique… nous cherchons à permettre également à tout le monde l’accès à la culture et à promouvoir des artistes reconnus ou amateurs. »

« Le Festiv’art est notre propre événement et la programmation permet la rencontre des artistes avec le public», conclut le co-organisateur Arnaud Broucke, 27 ans, qui s’était illustré au Défi Jeunes en 2004 avec son projet «Tour d’Europe en pouce». Avec Guillaume Lagache, ils avaient alors effectué un tour d’Europe en stop.








L'Afrique enchantée de Milano...


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Le président du conseil régional de Picardie Claude Gewerc a eu droit à ce superbe portrait de Milano. La conseillère régionale Françoise Van Eck (à droite) était là pour la remise.
Après avoir été menacé d’expulsion l’été dernier, Milano, artiste amiénois d’origine angolaise avait été placé dans le centre de rétention de Lille Lesquin. Du ballottage et un enfermement et pour rien, puisqu’au final Milano ne bénéficie guère plus actuellement de sécurité administrative qu’avant, comme le signale le collectif amiénois des sans papiers.


La souffrance psychologique passée, Milano reste malgré tout accroché à cet art qu’il exerce pleinement depuis maintenant plusieurs années à Amiens. Pour défendre l’artiste lors de sa mise en rétention, Claude Gewerc, président du conseil régional fut l’un des premiers à avoir rédigé sa lettre de soutien qui témoignait : «Milano participe activement à la vie culturelle locale et la région a besoin des compétences de cet artiste qui reflète un savoir-faire typiquement régional, la dinanderie d’art, qui nous est trop rare pour qu’on l’ignore», avait-il écrit.

«Il faudrait que Milano soit reconnu en tant qu’artiste et que ses capacités lui donnent le
Agrandir la photo Extrême précision pour exécuter ce squelette de 1 mètre.
droit d’enseigner et de transmettre son art auprès des jeunes en région. Déboucher à un emploi serait pour lui une façon de régulariser sa situation et de pouvoir bénéficier d'une protection de ses œuvres en terme de droits d’auteurs», estime Sylvain, le parrain de Milano. Titulaire d’un diplôme des beaux arts au Congo, Milano se retrouve dans son activité artistique consistant à sculpter des bas-reliefs dans le cuivre. Art remontant au moyen-âge, la dinanderie d’art provient de l’origine de Dinant, village Belge. «Beaucoup s’étonnent de la finesse du détail en voyant les œuvres de Milano», se réjouit Michel Kitoko, président de l’Union des Africains.

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Gilles De Robien, avec l'option peinture métallisée cuivre.
Par quelques portraits d’hommes politiques locaux, Milano montre son respect pour les institutions françaises. L’artiste entreprend dans ses prochains tableaux de représenter aussi divers aspects de la culture africaine. Il réalisera bientôt un portrait d’Aimé Césaire et des symboles de l’histoire de son pays d’origine comme le Gorille de montagne, ainsi que des réalisations dans le cadre de l’abolition de l’esclavage. «Nous souhaiterions également dynamiser la culture africaine auprès des jeunes issus de l’immigration qui habitent ici à Amiens», conclut Michel Kitoko.

Les affaires culturelles de la métropole amiénoise devraient bientôt se pencher sur ce cas intéressant qu'est Milano. L’artiste nous présentait en exclusivité lors du dernier Festiv’art un beau portrait sculpté en bas relief du maire Gilles de Robien !

 


Benjamin Calippe.