Amiens
Léandre Leber : « Lui » à la première personne...
Léandre Leber est un amiénois de 40 ans avec un profil pour le moins créatif. Père de deux enfants, il est aussi chef d’entreprise et a choisi depuis 2006 le métier de photographe indépendant. «J’ai vu ça» est son agence de photos de reportage, culture et sport. Artiste et poète aussi, Léandre nous présentait dernièrement son œuvre intitulée «Lui», sur le perron de l’hôtel de ville à l’occasion de la nuit blanche. Présentation d’un homme qui montre autant de talents et de couleurs que de profils talentueux.

Léandre Leber : - J’ai multiplié les expériences professionnelles à Londres, à Rouen, pour finir à Amiens, ma ville d’adoption depuis 1995. C’est ici que j’ai travaillé durant 5 ans comme commercial, puis en usine. Comme j’avais déjà depuis longtemps en moi la volonté de voir différemment, j’ai décidé de reprendre des études d’Arts-plastiques en 2000. En 2002 j’ai découvert la passion du métier de photographe avec Guy Le Querrec. Je vis actuellement avec deux casquettes, celle de chef d’entreprise et celle d’artiste.
L’U : - Comment avez-vous conçu «Lui», votre œuvre exposée à la nuit blanche ?
L.L. : - L’idée était de reproduire avec une peinture rose biodégradable sur 160 m2 de pelouse des dessins du personnage «Lui» qui ont été piochés au hasard dans mes petits carnets Moleskine. Une fois la fresque posée sur le sol, le spectateur était invité à déambuler au milieu des dessins en les lisant de manière plus ou moins rapprochée. Cette idée de greffer un décors de campagne en ville le temps d’une nuit blanche n’a pas été nuisible à la nature, un ami à moi a replanté ce gazon dans son jardin. La peinture était la même que celle qui est utilisée sur les terrains de rugby...

L.L. : - Très jeune, je me suis passionné pour les sports à sensation comme le saut en élastique ou le parachute. Cela s’apparente à la prise de risques chez les artistes : créer, c'est risquer de mieux se connaître. La psychanalyse représente un vif intérêt pour moi. L’introspection est au cœur de mes dessins dans ce travail. Le jazz, également une prise de risque, suite d’«heureux accidents» par l’improvisation des notes, est une musique qui me parle en tant qu’artiste, elle a inspiré mes premières photos professionnelles de musiciens sur la scène du Festival de Jazz d’Amiens. Ces photos étaient exposées à la maison de la culture lors du dernier festival de jazz en mars.
L’U : - Quel regard portez vous aujourd’hui sur votre travail à la fois artistique et professionnel ?
L.L. : - La réelle passion que j'ai dans mon travail est la transmission. J’ai besoin de montrer pour m’incarner, transmettre est devenu un but essentiel à ma vie… qu’il s’agisse de dessins, d’écriture de textes ou de photographies, tous les moyens sont bons pour faire passer un message, transmettre quelque chose de fort. Les «accidents heureux» et leurs atouts dans la création constituent mes principales motivations artistiques et professionnelles.
Propos recueillis par Benjamin Calippe
